Amour trompé
Amour Trompé.
Je souhaite avant tout chose, mettre les choses au clair, pour toi, lecteur, qui lira ce texte qui est bien plus qu’une histoire. Je me sers de support pour me défendre contre moi-même, avoir un écrit sur cet état qu’est le mien, pour pouvoir, à l’avenir, pouvoir me souvenir de ce qui s’est passé et réagir en conséquence. Je « m’auto-étudie ».
Tout commença en 2008. J’étais certainement dans mes moments les plus sombres, et sans aucun doute les plus dangereux. J’étais dans l’enfer de la drogue, du vol, de la bagarre, j’étais devenu un « mauvais garçon » après avoir été quelqu’un « d’apprécié ».
Mais peu importe, ma vie continua à avancer, comme elle le pouvait, entre mes pétages de plombs, mes moments de déprime profonds, j’arrivais quand même à me lever le matin, à avoir un semblant de vie sociale. En fait, c’était plus de la survie, mais bon, il faut faire avec ce que l’on a. En l’occurrence, je n’avais pas grand-chose. Mes parents se déchiraient, j’essayais de sortir du cercle familial avec mes pouvoirs limités. Donc je trainais dehors, avec des potes, enfin, ce que je croyais être mes potes, des gens sans attractivité physique ou mentale particulières, des punks, des racistes, des rappeurs, des rockeurs, enfin un peu de tout, même des petits bourgeois fils de patron.
Par la force des choses, j’ai été amené à rencontrer d’autres personnes, c’est la logique même.
Je vais essayer de replacer ça chronologiquement, il me semble que c’était pendant les vacances de la toussaint 2008, donc mi-novembre.
Un de ces potes me propose de venir à une fête. En bon dépendant/drogué/con/qui s’en fout de sa vie, je ne refuse jamais une fête. Pourtant j’aurais dû. Je vais donc à cette fête, fais connaissance d’autres personnes, qui me présentent à une multitude de gens. Mais cette soirée restera gravée dans ma mémoire par mon approche relativement « rentre dedans » d’une fille. Personne ne me l’avait présenté, elle se faisait discrète, assise dans le noir, sans parler, ni lever les yeux sous ses cheveux bruns. Mais, au fond de moi, je sentais que cette personne était en détresse. Et si une chose m’insupporte dans ce monde, c’est bien l’indifférence quant aux souffrances d’autrui.
Enfin bref, je suis donc aller voir cette jeune fille, pour lui demander ce qui se passait, et en profiter pour faire les présentations. Donc moi « Xanax », et elle A*. On commença à parler de tout et de rien, pour meubler la discutions, comme il faut faire entre personnes polies. Il y avait un certain feeling entre nous, quelque chose de magique (juste dans mon esprit), comme si on se connaissait depuis toujours sans jamais s’être rencontré. Comme si on avait vécu les mêmes choses sans le savoir. Nous avons passé toute la soirée ensemble, à parler de tout et de rien, à rire de bêtise, à en faire aussi, enfin, une bonne soirée au finale. Mais cette soirée me laissait un goût amer. Un sentiment bizarre, comme quelque chose d’inachevé, qu’on n’a pas eu le courage ou le temps de finir. Un échec en gros. J’avais tout de même réussi à avoir son numéro de téléphone ainsi que son adresse mail (Tout ce passe sur internet aujourd’hui, c’est terrible, on déshumanise le contact humain.)
Le mois suivant cette rencontre, A* et moi nous sommes rapprochés, nous nous parlions tous les soirs ou presque, pour pas grand-chose au finale, puisque nous n’avions pas besoin pour ma part de nous connaître, j’avais le sentiment de la connaitre depuis toujours.
Au fur et à mesure de nos discutions nocturnes, elle remarqua que quelque chose de bizarre se passait entre nous, sans tout à fait savoir de quoi il en retournait. Elle m’en fit part, je l’écoutais avec la plus grande attention du monde. On avait besoin de se parler de tout et de rien, de comment vont les oiseaux, et de la guerre en Irak.
Mon anniversaire arrivait à grand pas. Je l’invitais donc à venir célébrer deux fois mes 17ans avec moi, nos amis en communs et quelques « VIP ». Pour moi tout c’était bien passé, pour elle un peu moins, avec un souvenir pédestre qui résistera pendant environ une année. Ah bah un lit sur le pied, ça fait relativement mal.
C’est aussi à ce moment qu’elle fut mise au courant de mes addictions, enfin quelques une du moins. Le tabac, l’alcool, et l’herbe surtout. Le reste, elle ne l’a jamais su. Bien sûr, un regard assez méprisant sur ces addictions, et donc sur moi naquit. Qu’importe, je n’ai rien à cacher à personne, enfin à ce moment là. Mais malgré tout, on continuait à parler comme d’habitude, à ce raconter nos journées. Jusqu’au moment où elle m’annonçait qu’elle partait en vacances à la neige.
Une petite fête pour fêter son départ, on passe la soirée l’un dans les bras de l’autre, je commence à avoir un sentiment de tranquillité dans ses bras, un sentiment de plénitude. Puis elle part. Je n’ose pas la contacter, de peur d’en faire trop. Mais le manque était tel que j’ai entrepris une grève de la faim de deux semaines, jusqu’à son retour. Ça n’était pas volontaire, je n’avais pas faim. Je me nourrissais de cigarettes uniquement. Un ami me demanda ce qu’il se passait. Et je lui ai donc ouvert mon cœur, lui ai fait part de mon ressenti depuis son départ. Je me sentais vide, inutile, sans but. Il me conseilla de lui envoyer un sms basique, pour lui demander des nouvelles, sans en faire trop. S’en est suivi un dialogue par messages interposés d’une longueur et d’un coût absurde. Je lui ai envoyé plus ou moins 1000 messages en une semaine. Au début, on parlait de rien, comme d’habitude, des conversations sans grande profondeur, juste pour parler en fait. Mais elle sentait que quelque chose n’allait pas, que je lui cachais quelque chose. Je n’osais pas trop lui dire, n’étant moi-même vraiment pas sur de ce qu’il se passait dans ma tête. Je lui dis juste qu’elle me manque. Et c’était réciproque.
Qu’importe, sons retour s’opère, on se retrouve à parler sur internet, comme tout bon jeune qui se respecte. On essaye d’expliquer sans trop savoir comment ce manque ressenti pendant son départ. On ne trouve aucune conclusion « correcte ». On ne veut, enfin surtout elle, parler d’amour. Moi je savais à peine ce que c’était. Mais ça suffisait. Il fallait qu’on se voie en tête à tête, rien que tout les deux, pour mettre au clair certaines choses. Ce rencard, qu’un basique, MacDo/ciné n’avait rien d’exceptionnel, mais rien que de la voir me suffisait personnellement. On passait une après midi plus que correcte, avec quelques délires bien sympathique, puisque qu’aucun film ne nous tentait. La pluie s’invitait à notre petit après midi en extérieur, donc je lui proposa de finir l’après midi chez moi, au chaud, devant un bon chocolat et un jeu vidéo (hé oui, elle adorait ça). Elle accepta avec une certaine « peur ». Elle ne me connaissait pas assez selon elle. Mais nous passions une belle fin d’après midi. Son parfum m’enivrait, me rendait fou, habitait ma chambre. Puis elle rentra chez elle, d’ailleurs, je la raccompagnai. Ce qui me valu le bonheur de rencontrer ses parents. Mais il fallait que je rentre chez moi aussi. On se regarda longuement, et je lui dis, en fuyant, de façon furtive, « je crois qu’on peut pas encore dire qu’on s’aime mais….. »
J’étais heureux de cette après midi. Pendant deux semaines, elle voulait me voir tous les soirs, j’allais donc la voir tout les soirs, et nous parlions de cette hypothétique relation qu’on pourrait entreprendre. Elle me fit part de ses peurs, car ma réputation allait plus vite que moi. Elle avait peur que je profite d’elle. Elle n’avait pas tord, j’aurais pu le faire, mais je n’avais aucunement le cœur à ça.
Un soir, j’allais comme tous les soirs la voir selon ses désirs (j’étais déjà bien docile), mais temps de lorraine oblige, la pluie est venu gâcher notre marche habituelle. Elle me proposa donc de venir m’abriter chez elle, dans son petit nid. J’accepte. On accepte tout quand on est « amoureux ».
Cette soirée fut relativement bien fournie. Nous sommes montés dans sa chambre, et pendant qu’elle me montrait un site sur son ordinateur, quelque chose se passa, quelque chose de grave, qui allait changer nos vies à tout jamais.
Elle était sur mes genoux, et moi je la regardais, et buvait ses paroles comme les paroles d’une sainte. Tout n’était que vérité. Mais son parfum me rendait fou, dans le bon sens du terme. J’avais envie de rester toute ma vie avec elle. Je me perdais un peu dans mes rêves finalement, tout en la câlinant, en lui susurrant des mots doux à l’oreille, en lui embrassant le cou. Je rappelle qu’on ne sortait pas ensemble à ce moment là. Mais elle se laissait faire, et ça n’avait pas l’air de lui déplaire plus que ça. J’avais les yeux clos, pleins de rêves, et pleins de bonheur. Et je ne sais toujours pas comment on s’est retrouvé à s’embrasser langoureusement, pour parler vulgairement, on se mangeait mutuellement. Quelque chose d’assez impressionnant avec le recul. Mais c’était fait. On sortait ensemble. C’était sur maintenant….