Héroïne.
Héroïne. Rien que ce mot me fait frissonner. Le désir monte, l’envie prend le dessus sur tout. Le monde n’existe plus autour de moi. Je prends cet espèce de cailloux brunâtre, en sépare une petite partie, et à l’aide d’une carte quelconque, je l’émiette. Il le faut, sinon les narines en pâtissent.
Après environ 3 minutes de préparation, mon rail est prêt. Je prépare la paille, je prends un papier, n’importe lequel. Ca n’a plus d’importance, car dans le monde du junky, la vie est belle et n’a pas besoin d’artifice. Une fiche de paye, un papier d’assurance, peu importe. Il me faut ma paille, c’est tout.
Voilà, elle est prête, plantée dans ma narine. Je me prépare mentalement à vivre 30 minutes de bonheur. Bonheur imaginaire, mais bonheur quand même. J’inspire profondément, me positionne au dessus de mon trait de magie, et prends une inspiration énorme, en effectuant un léger mouvement de gauche à droite.
Ca pique le nez, on renifle bien, on vérifie qu’on a rien laissé sur la table, et c’est parti. Les soucis se sont enfuis, la vie commence à devenir rose, enfin bleu, enfin brune….
Une petite musique reposante, une petite lumière tamisée. On pourrait croire que j’attends quelqu’un.
Non, je n’attends personne, plus personne. Je m’allonge dans mon lit, la musique m’emporte, elle me guide dans un monde parfait. L’album passe, les effets aussi. Obligé d’y retourner pour continuer à « vivre ».
Je recommence exactement le même rituel, avec la même précision, je me prépare juste une plus grosse dose. J’ai envie de rester dans ce monde où tout est beau, comme si ma vie était un rêve merveilleux, comme si j’étais heureux. Je retourne me coucher. Déjà vingt-trois heures trente. Merde, je n’ai pas arrêté depuis une heure de l’après-midi… Pas grave. Je retourne m’allonger, de toute façon, le monde ne m’apporte que peu d’importance.
Mais là, je me sens mal, je commence à mâcher de l’air, bêtement. Comme si j’y étais forcé. Ma respiration perd de l’ampleur. C’est un Bad trip. Dommage, j’étais si bien parti.
Il empire. Mon cœur bat de moins en moins vite, de moins en moins fort. J’ai peur, mais je suis spectateur de ce qui m’arrive. Aucun pouvoir ne m’ait laissé, j’espère juste que personne va me voir comme ça, ça passera sans doute. Ah, drôle de sensation, j’ai l’impression de flotter dans les airs. Je me vois, allongé sur le lit, suffoquant…
Je commence à comprendre, c’est la fin. La drogue aura eu raison de moi. La vie aussi cela dit.
Je vois des personnes s’agiter autour de moi, massages cardiaque, bouche à bouche, perfusions en tous genres. Mais c’est fini.
Nom : Thomas
Heure du décès : 00:05
Nature du décès : Overdose