Je suis cynique

Publié le par Tom©

 

 

Je descends en suivant la rampe d’escalier. Machinalement, j’ai la main devant moi, car la porte qui se trouve à quelques mètres de moi colle à son chambranle, et je n’ai pas envie de me la prendre dans la tête. Je me dirige doucement, avec mes pieds qui font grincer le parquet de tous les côtés, en espérant être discret, vers les toilettes. Effet réussi, personne ne bouge. J’arrive devant la lunette, je la soulève et l’appose à la cuve contenant l’eau sensé effacer toutes traces de mon passage. L’eau est d’un bleu vif, comme le ciel. J’urine, pour que mon corps se régénère, arrivé à la fin de cet exploit, je contemple. L’eau bleu est passée au vert. J’en déduis que je pisse jaune.

Toujours en discrétion, je remonte les escaliers, pour rejoindre ma femme dans le lit. Qu’elle est belle….

  

Ah j’oubliais, je ne suis pas chez moi, je suis chez ma femme, enfin plutôt chez ses parents. Ça va faire bientôt un mois que je suis chez eux. Un mois qu’ils m’hébergent, sans demander en retour. Je préfère raconter cette partie de ma vie d’ici, car de chez moi, ça serait encore plus glauque, et donc, encore plus dégueulasse. Je suis ici pour vivre les seuls instants heureux de ma vie, ce bonheur que l’on arrive à attraper que quelques secondes, mais qui dure depuis bientôt huit mois. Huit mois sans une ombre au tableau. Je m’étonne moi-même.

 

 J’ai toujours été un enculé, avec tout le monde même, pas qu’avec les femmes. Faut-il citer les multiples prises de tête parentales, au point de porter plainte contre mon propre père, ou bien, les prises de bec avec mon meilleur ami, celui avec qui j’ai passé les meilleurs moments de ma vie en terme de connerie ? (Ne pas mal comprendre cette phrase, dans conneries, j’entends les délires multiples, qui nous ont fait courir quelques fois…)

Après une longue réflexion, j’en ai déduis que je gâche tout ce que j’ai, tant sur le domaine mental que matériel. Je ne suis donc qu’un moins que rien, qui aime quelqu’un, qui elle, mérite beaucoup, mais alors beaucoup mieux que moi. Mais si elle va jurer le contraire, je ne suis qu’un pourri, qui jouit d’une certaine forme de parasitisme. Outre mes petites offrandes aux chefs des lieux, je ne fais rien ici, à part me planquer.

 

Je resterais toute ma vie accro à elle, certes, mais décroché de ma famille, même si elle souhaite absolument que j’ai un jugement beaucoup moins cynique sur celle-ci. C’est une chose honteuse de mépriser les siens, de mépriser nos créateurs, et je crois que là, on atteint le summum de la cruauté humaine. Je ne suis aucunement altruiste, et c’est bien ça mon tord. J’évolue chez moi, en ayant pour seul but de finir mes études – Si pitoyable soient-elles – afin de me barrer loin d’ici avec ma tendre moitié, celle qui dort paisiblement à coté de moi en ce moment.

(Il faut bien le faire vivre le pauvre petit)

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Publié dans tomm

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